Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

L’EMPIRE  OTTOMAN

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La  Russie  plus  éloignée  sera  plus  tôt  qu’eux  prête  à
reprendre  la  grande  croisade  contre  l’Infidèle.  Non  seulement ­
  elle  est  délivrée  de  la  Horde  d’or  ;  mais  elle  prend
déjà  l’oiTensive  contre  ses  anciens  conquérants.  Ivan  le
Terrible  s’empare  de  Kasan  (1552),  d’Astrakhan;  il  soumet
les  Cosaques  du  Don  :  il  touche  ainsi  la  Caspienne  et  s’approche ­
  de  la  Crimée.  L’avènement  des  Romanof  en  1613
est  une  défaite  pour  l’influence  polonaise  en  Russie  ;  mais
les  Romanof,  conscients  peut-être  de  leurs  intérêts  vers
l’Occident,  ou  instruments  d’ahord  aveugles  des  destinées
de  leurs  peuples,  adoptent  de  bonne  heure  la  civilisation
européenne  ;  il  leur  faut  se  rendre  dignes  de  conduire
contre  l’Islam  venu  d’Asie  la  revanche  de  l’Europe.  Ils  s’y
préparent  :  sous  Ivan  le  Terrible,  le  Cosaque  Yermak,  franchissant ­
  l’Oural,  s'est  emparé  de  Sibir  (1582)  ;  il  a  entamé
la  Sibérie  ;  les  premiers  Romanof  gagnent  du  terrain  en
ce  sens  ;  ils  prennent  Tioumen,  Tobolsk,  Tomsk  et  la  vallée
moyenne  de  l’Obi.  Le  Far-East  asiatique  s’ouvre  à  l’esprit
d’aventures  des  Cosaques  et  à  l’ardente  expansion  de  la  foi
orthodoxe.
Ils  ont  encore  une  longue  carrière  à  fournir,  de  pénibles
luttes  à  soutenir  pour  gagner  des  terres  plus  fertiles  et
jouer  un  rôle  dans  l’Asie  antérieure.  Mais  vers  le  sud  aussi,
l’Islam  est  pris  à  revers  par  d’autres  nations  européennes.
Les  Grands  Mongols  conquérants  sont  morts  ;  leurs  successeurs ­
  à  Delhi  sont  des  princes  fainéants,  comme  les
premiers  héritiers  de  Soliman  le  Magnifique.  Djahan-Gir
(1605-1627),  Shah-Djahan  (1627-1658)  sont  affaiblis  par
la  mollesse  du  climat  de  l’Inde,  par  les  débauches  où  les
entraîne  leur  toute-puissance.  Tout  au  plus  songent-ils  à
embellir  leurs  capitales,  Agra  et  Delhi,  de  merveilleux
monuments,  palais,  mosquées,  où  ils  accumulent  les  plus
invraisemblables  trésors.  Le  fils  de  Shah-Djahan,  Aureng-Zeb,
  va  porter  l’empire  mongol  de  l’Hindoustan  à  son
apogée  ;  mais  la  décadence  suivra  aussitôt.
Les  Européens  sont  prêts  à  recueillir  la  succession.  En
,1602,  la  compagnie  hollandaise  des  Indes  Orientales  enlève
Ceylan  aux  Portugais.  La  eompagnie  anglaise,  fondée  en
1599,  établit  son  premier  comptoir  à  Surate,  fonde  Madras
en  1639,  obtient  en  1644  de  Shah-Djahan  la  permission  de
faire  du  commerce  dans  l’intérieur  du  Bengale  ;  le  Grand
Mongol  ne  sait  pas  quels  ennemis  il  prépare  à  ses  héritiers.
La  compagnie  française  de  1604  est  remplacée  en  1642  par
            
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