Object: Le Pérou économique

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LE PÉROU ÉCONOMIQUE 
et villages de l’intérieur que l’affabilité est la plus grande. 
Si, hésitant, on s’arrête devant une ferme ou une 
maison, le propriétaire ou son intendant, entouré des 
enfants et de la domesticité qui regarde d’un air curieux 
et bienveillant, s’approche et salue avec courtoisie : 
Apease senor, y descanse, aqui esta usted en su casa (1). 
Une fois que les présentations d’usage ont été faites, on 
est invité à partager la vie familiale et installé dans la 
meilleure chambre. Il en est de même dans les petites 
agglomérations, où l’auberge, presque officielle, est la 
maison du gouverneur, ou celle du curé ; on s’y installe 
comme chez soi, sans étiquette, et l’on vous comble 
de prévenances, comme on pourrait le faire envers un 
ami. 
IV. — On trouve cependant des exceptions à cette 
tendance générale, dans les hautes parties de la Cordillère 
et dans certaines régions du sud du Pérou ; cette hospi 
talité discrète et désintéressée n’est guère alors offerte 
et pratiquée que chez les habitants de race blanche, ou 
ayant dans les veines une forte proportion de sang 
européen ; car parmi les indigènes de race pure, c’est 
plutôt avec méfiance et hostilité qu’ils accueillent en géné 
ral le voyageur. 
Pour les renseignements, les préparatifs que nécessitent 
un voyage ou une entreprise, pour obtenir les vivres ou 
1 abri nécessaire, il faut, lorsqu’on s’adresse à l’Indien 
des Hauts-Plateaux péruviens, s’armer d’énormément de 
patience, de douceur et de fermeté à la fois. Le souvenir 
des exactions subies est resté gravé dans l’esprit de 
l’Indien. 
Aussi le voyageur se heurte-t-il souvent à la phrase 
(1) Mettez pied à terre senor, et reposez-vous ici, vous êtes chez vous!
	        
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