LES SALARIÉS 3
le chômage en poussant l’ouvrier à faire le travail de deux
ouvriers ; — parce qu’il incite l’ouvrier au surmenage, par
l’appât d’un gain plus élevé, ils ruinent ses forces et sacrifient
ainsi le présent à l’avenir.
30 Ces griefs peuvent être atténuésen remplaçant le salaire
aux pièces individuel par le salaire aux pièces collectif (ne
pas confondre avec le contrat collectif dont nous avons déjà
parlé). Le patron traite avec un groupe, une équipe d'ouvriers,
qui se charge d’exécuter un certain travail moyennant un
prix que ces ouvriers se répartissent entre eux comme bon
leur semble. Cela s’appelle aussi la commandite d'atelier. Ce
système donne, au point de vue de la productivité, les mêmes
résultats que le travail aux pièces, mais il est généralement
mieux accueilli par les ouvriers à raison de l’indépendance
qu'il leur laisse. C’est comme une petite association coopéra-
tive qui se forme dans le sein de l’usine patronale et qui
vend au patron le produit de son travail.
4 Le salaire à primes est un salaire qui comporte, avec un
minimum fixe, un supplément calculé soit d’après le supplé-
ment de production obtenu au-dessus d’un certain minimum,
soit d’après les économies réalisées sur la matière première
ou le charbon, soit d’après l'économie de temps réalisée
pour une production donnée. D'ailleurs, ces primes se
prêtent à un nombre infini de combinaisons ; ellés peuvent
être simples, progressives, etc. Ainsi, dans le système Taylor,
elles se combinent avec un minimum de salaire assuré à
l’ouvrier, la prime servant à accroître la rémunération de
ceux qui dépassent ce niveau. C’est le mode qui se rapprocte
le plus du salaire théorique déterminé par la productivité.
Vil
La participation aux bénéfices
et l’actionnariat ouvrier.
La participation aux bénéfices n’est qu’une modalité du
salaire, au dire même de ceux qui la préconisent, toute-
fois elle mérite un chapitre spécial, car on peut y voir une
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