A. RÆDER
fusait d’accepter un règlement arbitral, il s’ensuivrait que les Syra-
cusains s’offenseraient et se sépareraient d’eux. Est ce grâce à ce
calcul ? En tous cas, le but fut atteint. Les Sélinontains envoyèrent
en effet des ambassadeurs à Syracuse et déclarèrent qu’ils ne pou
vaient pas accepter l’arbitrage proposé. Le résultat fut que Syracuse
décida de conserver sans doute l’alliance avec Sélinonte, mais en
même temps de ne pas rompre la paix avec Carthage. Cet épisode
se place en l’an 410 av. J. C.
XVI.
ATHENES propose de trancher par l’arbitrage le désaccord
de THEBES & SPARTE, l’an 395.
En 396, le roi Spartiate Agésilas, avant de s’embarquer pour l’Asie,
offrit un sacrifice solennel, dans le port béotien d’Aulis. Au
milieu du sacrifice, il fut chassé par les Thébains. 1 Les Thébains
en outre prirent parti pour les Locriens Opontiques dans leurs
guerres de frontières contre les Phocéens qui cherchèrent secours
auprès des Spartiates.
Ces événements paraissant devoir amener une guerre entre Sparte
et Thèbes, les Athéniens envoyèrent des messagers à Sparte et en
gagèrent les Spartiates «à ne pas prendre les armes contre Thèbes
mais à faire trancher judiciairement le différend qu’ils avaient avec
les Thébains. » 2 Les Spartiates en fureur chassèrent les envoyés et
commencèrent la guerre, la guerre corinthienne, en 395.
Xénophon ne cite pas cette ambassade athénienne à Sparte, mais
ce n’est pas une raison pour rejeter le récit de Pausanias comme
n’ayant pas de valeur historique.
Il faut avouer que ce n’est pas à juste titre que ce cas est cité
ici comme un exemple d’application de l’arbitrage ; Pausanias ne
prononce pas le mot d’arbitrage, mais parle seulement d’un règle
ment judiciaire. Le cas n’a pas été non plus cité par Sonne ou Bérard,
ma * s il n’est cependant pas douteux que les Athéniens, avec leur pro-
Xénophon Hell. Ill, 4, 4. — 2 Pausanias III, 9, 11.