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PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE.
il est rare, le pays gagnera dans le premier cas. Mais si nulle part
dans le pays le charbon ne se trouvait en abondante, et qu’il im-
j)ortàt cette quantité additionnelle de fer en donnant en échange un
produit créé au moyen du même capital et du même travail, il enri-
ehirait également le pays de toute cette quantité additionnelle de
fer qu’il y introduirait.
Dans le sixième chapitre de cet ouvrage, j’ai tâché de faire voir
que tout commerce étranger ou intérieur est utile, parce qu’il
augmente la quantité des produits, et non parce qu’il en augmente
la valeur. Nous ne posséderons pas une valeur plus forte, soit que
nous fassions un commerce intérieur et étranger profitable, soit que,
par les entraves des lois prohibitives, nous soyons obligés de nous
contenter du eommerce le mobis avantageux. I^es profits et la valeur
produite seront les mêmes. Les avantages reviennent toujours, en
dernier résultat, à ceux que M. Say parait n’accorder qu’au com
merce intérieur. Dans ces deux cas, il n’y a d’autre gain que celui
de la valeur d’une utilité produite '.
' Outre les gains qu’on peut faire par le moyen d’une utilité, et par suite d’une
valeur produite, on peut faire son profit des pertes d’un autre homme. I.orsque
cet autre homme est un compatriote, la nation ne perd ni ne gagne par ce béné
fice porté d’une poche dans l’autre ; lorsque cet autre homme est d’un autre
pays, la nation dont le premier fait partie gagne ce que l’autre nation perd.
Je ne prétends pas justifier ce gain ; je me borne à établir le fait. — J.-B. Say.