Metadata : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

108  L’INDÉPENDANCE  DELA  GRÈCE.
excita  par  sa  présence  et  ses  encouragements  quelques
troubles  que  les  Anglais  apaisèrent  bien  vite.
En  octobre  1815,  trois  Grecs  du  Phanar,  Skouphas,
Xantbos  et  Dikœos,  fondèrent  métairie,  association
secrète  qui,  dès  le  début,  eut  un  caractère  insurrectionnel,
distribua  des  armes,  des  appels  à  la  guerre,  recueillit
d’importantes  sommes  et  prépara  le  soulèvement.  Elle  se
répandit  très  vite  dans  tout  le  Levant,  à  Smyrne,  Chio,
Samos,  au  delà  même,  à  Bucharest,  à  Moscou,  à  Trieste.
Elle  eut  des  membres  très  hardis,  comme  le  chef  des  Souliotes
  Marcos  Botzaris  ;  Alexandre  Ypsilanti,  aide  de  camp
du  tsar,  en  accepta  la  direction  suprême,  tint  Alexandre  au
courant  et  obtint  de  lui  de  bonnes  paroles.
Dès  lors,  l’agitation  se  produisit  sur  divers  points.  Kara-Georges,
  réfugié  à  Kiev  depuis  1814,  revient  en  Serbie  en
1817  pour  la  soulever,  du  consentement  du  tsar,  semble-til
  ;  pendant  ce  temps,  les  hétairistes  se  lèveront  en  Valachie
  et  en  Grèce  ;  les  Turcs,  impuissants  contre  une  révolte
générale,  seront  rejetés  en  Asie  et  la  croix  grecque  portée
d’un  trait  à  Sainte-Sophie.  11  fut  bientôt  assassiné  par  des
émissaires  de  son  rival,  le  woïvode  Miloch.
Le  23  mars  1820,  Ali  de  Janina  se  révolte  décidément
contre  le  sultan  ;  le  pacha  de  Bérat  reçoit  l’ordre  de  marcher ­
  contre  lui.  Ali  appelle  à  l’aide  les  chrétiens  que  récemment ­
  il  combattait  et  décimait  par  des  massacres  féroces  ;
il  affirme  qu’il  veut  être  le  sauveur  des  Grecs;  il  entre  dans
l’hétairie,  il  en  devient  un  des  chefs.
Le  6  mars  1821,  Alexandre  Ypsilanti,  comptant  sur  les
hétairistes  de  la  Moldavie  et  sur  le  tsar,  passe  le  Prnth  à
la  tête  d’une  petite  troupe.  Il  lance  parmi  les  populations
chrétiennes  une  proclamation  toute  remplie  de  souvenirs
classiques  ;  a  Les  Turcs,  ces  descendants  efféminés  de
Darius  et  de  Xerxès  (?),  seront  bien  plus  faciles  à  vaincre
que  les  Perses  de  jadis.  »  Il  occupe  bientôt  Bucharest,  et
cette  nouvelle  excite  dans  toute  la  péninsule  des  Balkans
une  très  vive  émotion.  Le  tsar  est  alors  à  Laybach,  où  les
souverains  de  la  Sainte-Alliance  prennent  des  dispositions
pour  écraser  la  révolution  italienne.  En  apprenant  la  tentative ­
  de  son  aide  de  camp,  Alexandre  s’écrie  d’abord  :  «  Oh!
le  brave  garçon  !  »  et  pense  à  l’aider.  Mais  Metternich
intervient,  lui  fait  peur  de  la  Révolution,  lui  dicte  une
sorte  de  désaveu  de  l’entreprise  d’Ypsilanti  ;  le  tsar  fait
écrire  à  celui-ci  :  «  Il  serait  indigne  de  l’empereur  de
            
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