CHAPITRE IX
Organisation du Service
Dans le courant du mois d’avril, le Secours Chômage était organisé
dans tout le pays. Mais comme pour toutes les institutions du Co-
mité National, il y eut de notables différences dans les modalités
de l’exécution.
A la tête du service se trouvait à Bruxelles le Comité National,
ayant délégué ses pouvoirs à son Comité Exécutif, qui comprenait
notamment, outre le Président du Comité, M. Francqui, le Chef du
Département-Secours, M. Emmanuel Janssen. Leurs décisions étaient
sans appel. Chaque semaine, le Comité National se réunissait, au siège
de la Société Générale, en une assemblée générale à laquelle assistaient
les délégués des Comités provinciaux. Cette réunion recevait commu-
nication des instructions du Comité Exécutif. On ne les discutait pas
à proprement parler, mais souvent les délégués avaient des explica-
tions à demander, à l’occasion desquelles on précisait et parfois on
modifiait les instructions. Plus d’une fois, le texte dactylographié
de ces instructions, texte officiel qui était communiqué à l’adminis-
tration allemande, ne correspondait pas tout à fait avec les véritables
directives, qui étaient orales.
Ces réunions hebdomadaires — plus tard tous les quinze jours —
du Comité National jouèrent un rôle considérable dans son action.
Les communications par chemins de fer ou chemins de fer vicinaux
étaient longues et pénibles. L'autorisation de se rendre à Bruxelles
devint peu à peu difficile à obtenir des autorités allemandes. Les
délégués de province qui en jouissaient avaient donc un privilège
dont ils profitaient pour rendre à leurs concitoyens des services très
appréciés. Porteurs de réclamations, de requêtes, de suggestions, ils
étaient les intermédiaires de la population vis-à-vis du Centre. Ils
venaient surtout anxieux d’apprendre des nouvelles — non pas tant
des nouvelles du front qui étaient cependant toujours très recherchées