498 OEUVRES DIVERSES.
qu’en réduisant le montant des bank-notes on en élève la valeur?
Et, s’il en est ainsi, comment la réduction des billets de banque
pourra-t-elle nous empêcher d’obtenir au dedans et à l’étranger
cette même masse d’or qui nous sert à acquitter notre dette à l’étran
ger, et que nous obtenons par un prix nominal et fictif?
«11 arriva une époque, dit M. Bosanquet, où nous fûmes contraints
à recevoir du blé de nos ennemis eux-mêmes, sans la plus légère
stipulation en faveur des producteurs nationaux, et en payant des
neutres pour nous l’apporter. Eh bien ! !VÎ. Bieardo nous allirme que
les exportations de lingots et de marchandises destinées à payer le
blé qu’on importait ici, se résumaient entièrement en une question
d’intérêt, de lucre, et que lorsque nous donnons des marchandises
en échange de céréales, ce doit être par choix et non par nécessité.
Il nous dit que, même en face de la famine, nous n’importerons
pas plus de marchandises que nous n’en exporterons, à moins d’une
exubérance de circulation monétaire. »
. tÆ. Bosanquet parle comme si la nation tout entière, transformée
collectivement en un seul corps maîtrisé par la faim, importait
du blé et exportait de l’or. Il ne remarque pas que Timportatiou
du blé, même dans l’hypothèse supposée, est un fait isolé dirigé
par les mêmes motifs que ceux des autres branches de commerce.
Quelle est donc la contrainte mise en œuvre ix)ur nous faire nnîc-
voir des blés ennemis? Je pense qu’elle se réduit aux besoins qui
sollicitent cette marchandise et en font un article d’importation
avantageux. Mais si ce comineree entre deux nations, loin d’être
forcé, repose, comme on peut le certifier, sur des conventions volon
taires, je maintiens hautement que, même en face d une lamine dévo
rante, on ne paiera le blé de la Erance, en or, que dans le cas où
l’exportation de ce métal olfrira au négociant d’ass<*,/- grands avan
tages : c’est-à-dire dans le cas où il pourra vendre son blé en An
gleterre pour plus d’or qu’il n’en a consacré a l’acheter.
M. Bosanquet, ou tout autre spéculateur qu’il pourra connaître,
voudra-t-il importer du blé contre de l’or à d’autres conditions? —
S’il n’en est point qui y consente, comment le blé pénétrera-t-il en
Angleterre, si l’or ou quelque autre marchandise n’y est moins chèrj?
Et en nous renfermant dans les questions relatives à ces deux mar
chandises, n’est-il |)as évident que ces opérations indiquent d'une
manière également certaine que l’or est plus cher en France et le
blé en Angleterre?
Ne voyant rien dans les démonstrations de M. Bosanquet qui puisse