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LA HONGRIE
moins trente ou quarante florins '. Le jour de la noce, la fiancée est accom
pagnée de deux de ses amies qui doivent être mariées, et de six jeunes filles
en blanc portant des couronnes. La couronne de l’épousée, étincelante de
paillettes et ornée au milieu d’un petit miroir, est aux couleurs nationales :
rouge, blanc et vert.
Après la cérémonie, les amis de l’époux, une musique de Tziganes en
tête, viennent chercher la fiancée, qui se rend ainsi escortée à sa nouvelle
demeure. Et sur tout le parcours de l’église à la maison, on décharge des
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Les amis (le l’époux viennent chercher la fiancée...
coups de fusil et de pistolet, on se livre aux démonstrations les plus
bruyantes, puis on se met à table, et le festin se prolonge jusqu’au milieu de
la nuit. Il est d’usage que chaque invité danse avec l’épouse et lui donne
quelques kreutzers, en échange desquels il reçoit un baiser. Les invités
apportent aussi un présent en nature : un poulet, un pigeon, des fruits. La
domestique remet le cadeau à l’épouse, et celle-ci est tenue de faire une
danse avec l’invité qui le lui a offert.
Une fois la gaieté allumée, elle n’a plus de bornes. Pendant le repas, on
chante, on se divertit de toutes sortes de façons, on sert des pâtés dans
lesquels sont enfermes des oiseaux aux ailes saupoudrées de poivre rouge,
et qui, en prenant leur vol, aveuglent les convives et les font éternuer indé
finiment.
La paysanne hongroise n est pas réduite, dans son ménage, à la triste et
basse condition de la Slave ou de la Croate. Celle-ci est la femme de
1 Le florin vaut 2 fr. 50 c.