EVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
La révolution brabançonne, les troubles intérieurs,
la guerre dont la Belgique fut le théâtre de 1792 à 1795
détruisirent complètement l’industrie qui, sous l’admi
nistration autrichienne, avait commencé à se relever
La population des villes était infime. Sur une popu
lation d’environ deux millions cinq cent soixante mille
habitants, que comptait la Belgique lors de la réunion
à la France (1), nous ne trouvons aucune ville de
100,000 habitants.
D’après Briavoinne, on évaluait en 1736 la population
de Bruxelles à 80,000 habtitants (2), celle de Gand à 56,000
en 1799 (3), celle d’Anvers à 61 800 (4). Pour Louvain, le
recensement de 1784 renseigne 20,831 habitants. Au
comencement de la domination française Louvain ne
figure que pour 18,587 individus (5). Pour Mons, nous
constatons aussi une diminution de la population (1786 ;
20,131 habitants ; 1800 : 18,290) (6). A Verviers, de
13,000 âmes en 1795, la population était descendue à
10,000 en 1799 (7).
Ce n’est donc pas dans les villes, mais dans les cam
pagnes que nous devons chercher les bases de la vie
économique du temps. L’excédent considérable de l’ex
portation sur l’importation des bestiaux, des grains,
des farines, du houblon, du lin, des semences, etc.
indique un état fort prospère de l’agriculture. Le prix
(1) à (G) N. Briavoinne, 1. c. pp. 193 à 498.
(7) Laurent Deghesne : L’avènement du régime syndical à Verviers.
Paris, 1908 p. 47.