LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIES 225
musulmans, Ne saurions-nous rien faire de ces populations
que la religion du Prophète n’a pas figées dans une immobi-
lité sans remède? »
C’est avec des tirailleurs sénégalais que furent entre-
prises les premières campagnes du Soudan, mais le Soudan
ne tarda pas à recruter sur place et les succès militaires
constamment remportés nous valurent un recrutement
plus que suffisant pour alimenter les corps réguliers auto-
risés par le gouvernement.
On recrutait au Soudan les hommes appartenant aux
mêmes races que les tirailleurs sénégalais, mais en pro-
portions différentes, les Bambaras et les Malinkés du
Soudan devenant tout naturellement plus nombreux que
les Toucouleurs et les Wolofs.
Puis le Soudan devenant à peu près indépendant du
Sénégal et formant une colonie sous le nom de Soudan
français succédant à l’appellation de « Haut-Fleuve », les
troupes soudanaises se séparèrent aussi des troupes séné-
galaises et les bataillons soudanais succédèrent, au Sou-
dan, aux bataillons sénégalais; enfin le premier régi-
ment de tirailleurs soudanais stationné à Khaves, fut
régulièrement créé le 1°" juillet 1892 à l’effectif de 40 offi-
ciers et 1 362 sous-officiers, caporaux et soldats.
J’eus la bonne fortune, en 1892, comme commandant
supérieur du Soudan français, d’en passer l’inspection, et
je relève ici quelques passages du rapport d’ensemble
de cette inspection dont un exemplaire était destiné au
ministre, un second au corps et un troisième au général
inspecteur »
Résumé des appréciations de l’inspecteur général.
…« Les compagnies sont en opérations pendant sept
mois de l’année ; le reste du temps, qui est la saison d’hi-
vernage, elles stationnent dans leurs vostes. et leurs offi-