D'ECONOMIE POLITIQUE
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proprement dite pour se continuer sous la forme
d’épargne, d’approvisionnement.
Mais la propriété s’affirme encore chez les ani-
maux sous une autre forme, celle-ci bien humaine,
et qui est le vol. Les animaux se volent souvent les
uns les autres : les faucons pécheurs qui volent le
poisson pris par un autre et qui se font ainsi une
spécialité de parasites; et dans le monde des in-
sectes, le frelon. C'est le sentiment de la propriété
tres caractérisée. On connait le mot fameux de
Proud’hon : La propriété, c'est le vol. La for-
mule peut étre assurément discutée, mais elle de-
vient indiscutable si on la retourne et qu'on dise :
le vol, c’est la propriété. Il est clair, en effet,
que s'il n’y avait pas de propriétaires, il n'y aurait
pas de voleurs. Or, les animaux ont parfaitement
le sentiment que I’objet volé par eux est la propriété
d’autrui.
Les animaux n’ont pas seulement le sentiment de
[appropriation individuelle des objets de consom-
mation. Ils I'ont aussi pour leur logement : I’abeille
défend sa ruche, I'oiseau défend son nid, comme
le chien défend sa niche, sans parler aussi de la
facon dont il défend la propriété de son maitre.