DES ORIGINES DU ZOLLVEREIN. 19
pouvaient atteindre des contrées parvenues à peu
près à un même niveau de développement indus
triel; mais sa fibre nationale, émue des bienfaits,
par lesquels s’était traduit pour son pays le système
continental, et des désastres qui en avaient suivi la
suppression, protestait contre l’application de la
doctrine pure à un territoire qu’un destin fâcheux
avait misen retard sous le rapport du commerce, de
la navigation et de l’industrie.
Son raisonnement généralisé revenait à dire que
la science , qui proclame le laisser-passer, n’avait
tenu compte que de l’humanité et des individus, et
nullement des nations ; qu’elle ne pouvait cependant
pas prétendre s’imposer à ces dernières, et que c’é
tait au contraire^ chacune d’elles, sous peine d’être
(lupe, à se diriger conformément aux suggestions
de son intérêt personnel,en d’autres termes, à faire
de l’économie nationale ou, si l’on veut, politique
par opposition à l’économie cosmopolite. Tirant
enfin de ces prémices la conclusion pratique à la
quelle il tendait, il se prononçait d’une part contre
les barrieres sans nombre, qui séparaient les États
aiieniands les uns des autres, alors que, leur condi-
tion économique égale, la communauté de leur ori
gine et de leurs destinées, l’exemple des effets pro
duits par 1 abolition des douanes provinciales de
France et par l’union des trois royaumes britanni
ques, devaient les pousser dans les voies de la liberté
commerciale la plus large, pratiquée toutefois entre