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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
deros (planteurs) de la vallée de Chic&ma. La population,
très métissée, est en général indolente ; dans les rues on
aperçoit nombre de nègres et de négresses, paressant au
soleil le long des murs blancs. Depuis que la loi en les
faisant électeurs les a faits les égaux des blancs, ils ont
pour le travail un profond mépris.
Presque tous les villages des environs de Trujillo sont
habités par des nègres ou des Indiens ; ces derniers y sont
de belle stature, surtout à Moche.
C’est surtout autour de Trujillo, que l’on peut admirer
les ouvrages destinés à l’irrigation des plaines environ
nantes; ces canaux, construits par les Incas, très bien
compris, faisaient circuler l’eau dans ces parages par un
système presque analogue au système de la circulation du
sang dans les veines. On peut y voir encore une sorte de
digue et d’aqueduc de plusieurs kilomètres de longueur qui
captait une partie des eaux du rio Moche pour approvi
sionner une immense citerne ou réservoir que les habi
tants de la région nomment manpuesteria.
III. — Ica est le chef-lieu du département de ce nom.
Cette ville, reliée au port de Pisco par un chemin de fer de
74 kilomètres, est appelée à un certain développement
lorsqu’on aura construit la ligne projetée de Lima à Pisco,
qui vient d’être votée par le congrès péruvien. Ica n’est
qu’à 275 kilomètres de Lima, parla voie de Canete ; c’est
le centre de magnifiques plantations de vignes, canne à
sucre, coton, nopal, etc., on y fait une eau-de-vie très
appréciée, le pisco, qui est aussi connue sur la côte du
Pacifique que le cognac en Europe. Le pisco est fait avec
du raisin muscat et avec une autre espèce nommée raisin
d’Italie. Ica avait autrefois une grande importance com
merciale, à l’époque où l’on extrayait le guano des îles
Chincha ; ce n’est plus aujourd’hui que la voie d’exporta-