86 LE PÉROU ÉCONOMIQUE
malheureusement tout cela est resté à l’état de projet.
Parmi les villes de la Costa méritant d’être signalées
figurent encore Piura, Payta et Lambayeque sur la côte
nord ; leur climat est sain mais d’une sécheresse terrible ; leur
population varie de 6.000 à 8.000 habitants dont la plu
part ont la réputation d’être de très bons marins. Chi-
clayo, chef-lieu du département de Lambayeque, est la
ville qui a fait le plus de progrès, c’est le centre d’un com
merce actif en raison de sa situation au milieu de grands
domaines où l’on récolte le riz le coton et la canne à sucre.
Chiclayo a supplanté Lambayeque comme capitale, le climat
de cette ville étant rendu humide et malsain par les inon
dations. Dans la zone de la sierranous trouvons quelques
villes, toujours d’une importance relative ;ce sont, du nord
au sud :
VI. — Chachapoyas, chef-lieu du département de Ama-
zonas, remarquable par son sol montueux coupé de riches
et fertiles vallées, est une ville d’environ 10.000 âmes,
perdue aumilieu de montagnes désertesmais dans une déli
cieuse situation. Cette ville végète, car il n’existe dans cette
région, peu peuplée, aucune bonne voie de communication.
Chachapoyas n’a de relations commerciales qu’avec Ca-
jamarca et Moyobamba, villes qui se trouvent chacune à
250 kilomètres à droite et à gauche. Fondée par Pizarre à
500 kilomètres des rives du Pacifique et à peu près autant
des ports de l’Amazone, elle possède une population très
douce et industrieuse. A différentes reprises ces braves
gens ont cherché à sortir de leur isolement en se frayant
un passage vers l’Amazone, à travers les forêts où
habitent des Indiens qui n’ont aucune relation avec les
civilisés. Ces Indiens sauvages vivent par petites tribus
souvent en guerre entre elles. Dans cette contrée si vaste
où les règnes végétal et minéral n’ont rien d’extraordinaire