LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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IY. — Le Pérou possède un réseau de lignes télégraphiques
très étendu, mais encore très incomplet en raison
de l’éloignement des centres et des altitudes ; cependant
ce réseau se développe toujours de plus en plus, il se construit
en moyenne chaque année 500 kilomètres de nouvelles
lignes télégraphiques. La communication par ligne
terrestre existe depuis quelque temps entre Lima, Bogota
(Colombie), Quito (Equateur), La Paz (Bolivie), Santiago
(Chili) et Buenos-Ayres (République Argentine) (1).
Deux câbles sous-marins font communiquer le Pérou
avec le reste du monde. Ce sont, par le nord, la « Central
and South American Telegraph Company, » et par le
sud la « West coast of America Telegraph Company. »
Ces deux compagnies possèdent un tarif uniforme, mais
qui pour certains pays varie suivant les fluctuations du
change. Ainsi il est de 2 fr. 80 par mot, pour la France ;
2fr. 90 pour la Belgique, la Suisse, l’Angleterre, l'Allemagne
et l’Italie; pour la Russie 3fr. 10.
Malgré les louables efforts du gouvernement péruvien
l’important service des postes et télégraphes laisse beaucoup
à désirer dans les provinces de l’intérieur, en raison
de l’indolence des employés. Sauf dans les principales
villes, où le service est généralement bien assuré, il faut
compter, dans l’intérieur, avec l’incurie et l’ignorance des
fonctionnaires et préposés, qui, se trouvant loin de la surveillance
de l’administration centrale, laissent souvent se
détériorer le matériel confié à leurs soins.
Les riches et magnifiques régions des Andes orientales
restaient presque complètement isolées du reste du pays ;
le gouvernement péruvien a décidé d’établir des communi-(1)
Par les lignes de l’État, un télégramme de un à dix mots vaut invariablement
40 oentavos ; chaque mot en plus se paie à raison de 4 centavos.