LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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chaines récoltes; leur apparition se produit généralement
à la suite des pluies légères, et, en quelques heures, le
dommage causé par ces bestioles qui vont par troupes
est considérable. Mais de tels accidents se produisent
sous toutes les latitudes.
La rapidité du développement agricole dans les pro
vinces de Païta et de Piura soulèvera, dans un avenir
plus ou moins prochain, divers problèmes que devront
résoudre les agriculteurs. Le premier sera celui de la
main-d’œuvre.
III. — Les travaux d’irrigation déjà exécutés et ceux
en voie d’exécution vont donner plus de 60.000 hectares
de terrain à exploiter et, pour qu’ils le soient convena
blement, il faudrait une augmentation de plus de
20.000 hommes dans la population (1). Nous ne voyons pas
bien comment on pourrait se procurer les bras qui vont
faire défaut : au Pérou on est maintenant adversaire
de l’immigration chinoise, nous ne savons trop pourquoi,
car les prétextes invoqués ne nous paraissent pas suffi
sants; quant au paysan européen, il ne faut pas songer
à le voir émigrer pour gagner la journée d’un peon indien
°u métis.
IV — L’immigration européenne ne pourra venir dans
cette région qu’au cas où les grands propriétaires se
raient disposés à faire coloniser leurs terres en les offrant
aux colons, pour être payées en une dizaine d’annuités.
^°nc, le manque de bras ne tardera pas à faire aban
donner le système actuel de culture, resté entièrement pri-
(L U est question d’entreprendre l’irrigation des vallées de tout le
epartement. Les prix auxquels sont évalués ces travaux sont les sui
vants . vallée de Tumbes, 1.500.000 soles; vallée de Chira, 2 millions
e soles ; vallée de Piura, 1 million ; au total 4.500.000 soles.
Avec cette somme, on pourra fertiliser dans ces trois vallées un mil-
ion d hectares, ce qui fora 4 soles par hectare.