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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
(sulfate de soude ou magnésie), suffisent pour la couper
aussitôt qu’on en ressent les premiers prodromes : troubles
gastro-intestinaux, inappétence, sensibilité du creux épigastrique;
parfois aussi, mais très rarement des vomissements
ou diarrhées bilieuses. Ce remède réussit presque
infailliblement, si on y ajoute pendant quelques jours de
faibles doses de quinine et mieux encore, s’il est possible,
l’usage d’un peu de vin arsenical (1).
Si un premier accès s’est déclaré, ou si la fièvre est bien
prononcée, on la traitera de façon analogue : vomitif, purgatif,
quinine. Mais dans ce cas, les doses de quinine iront
de 75 centigrammes à un gramme pendant quatre ou cinq
jours environ, trois heures avant les accès. Si l’on disposait
d’une potion d’antipyrine, de teinture de racine d’aconit
et de sirop de morphine, on pourrait l’utiliser avec avantage
un peu avant la quinine.
Malgré tout, il est bien plus important de prévenir la
fièvre que d’avoir à s’en débarrasser ; on y arrive assez facilement
par des soins hygiéniques, puis par l’usage préventif
de la quinine (2). C’est là le moyen qui nous a toujours
réussi, car pendant les divers séjours que nous avons
faits dans des régions réputées insalubres, nous ne fûmes
jamais atteint d’accès intermittents, quoique vivant le plus
souvent assez frugalement, à la manière indigène, de manioc,
de bananes, de camotes (3), de riz, auxquels nous
ajoutions de temps à autre quelque gibier, et du poisson
plus fréquemment ; c’est là encore, peut-être, la raison de
cette immunité relative. Cependant, nous ne pûmes
échapper à l’anémie résultant d’un climat chaud et humide
(1) La terciana, qui sévit à certain moment dans la vallée de la Cosla,
ne résiste jamais à ce traitement.
(2) Par doses de 25 à 30 centigrammes, à prendre trois ou quatre fois par
semaine.
(3) Variété de patates.