LE PÉROU ÉCONOMIQUE 245
feuilles grandes et pennées, les fleurs sont blanches et
dégagent une odeur très forte.
On obtient la résine de copahu en incisant l’arbre
jusqu’au tissu médullaire, près de la base du tronc ; la
résine coule en abondance sous la forme de liquide clair
et incolore, qui s’épaissit bientôt et prend une teinte jau
nâtre. On recommence plusieurs fois dans l’année l’opéra
tion du perçage sur le même arbre, et c’est des plus
vieux sujets que l’on tire la meilleure qualité. Un tra
vailleur actif peut recueillir dans sa journée de 10 à
12 kilos de copahu dont le prix moyen est de 4 francs
le kilo.
La salsepareille est très répandue dans la Montana et
les fronterizos s’adonnent en grand à sa récolte et à sa
préparation. Un travailleur peut ramasser dans sa jour
née, laver et sécher 8 à 10 kilos de racines, suivant
son activité, ce qui, au prix moyen de 2 francs le kilo,
donne un résultat rémunérateur. Une fois séchées, les ra
cines sont boucanées sous un feu lent, pendant vingt-
quatre heures, ensuite on en fait des bottes de 10 à 12 kilos
environ chacune. La sarsaparilla affectionne les lieux
humides, elle y étale ses longues tiges sarmenteuses
armées d’aiguilles comme celles de la ronce ; les racines
s’étendent à une grande distance. La salsepareille jouis
sait autrefois et jouit encore d’une grande renommée en
matière médicale, on la préconisait comme un énergique
sudorifique, aujourd’hui on l’emploie comme un dépuratif
du sang ; il nous semble que ses vertus sont tant soit peu
exagérées.
L’aloès fait aussi l’objet d’un certain trafic, c’est une
plante du genre des liliacées, elle est remarquable par
l'épaisseur charnue de ses feuilles et par la couleur diffé
remment nuancée de ses fleurs qui se présentent en épi.