LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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se livrent à la culture de ce précieux arbuste, et malgré
leur indolence et leur peu de soin, ils obtiennent un rapport
moyen, de 110 kilos par hectare. La récolte annuelle at
teint plus de 8.000.000 kilos, chiffre qui pourrait être consi
dérablement augmenté. LesEuropéens qui entreprendraient
avec méthode l’exploitation de la coca y trouveraient un
grand profit, car cette culture demande peu de soins ; la
cueillette seule doit être soignée, dansl’intérêtdu rendement.
VIII. — C’est des forêts du Pérou que provient une
grande partie des écorces de quinquina employées en
Europe. Grâce à ses qualités supérieures, il se fait chaque
année une exportation toujours plus importante du pré
cieux fébrifuge, qui atteint une valeur considérable.
On sait que les écorces de quinquina sont surtout pro
duites par le Cinchona oficinalis, qui croît dans la Cor
dillère des Andes, depuis les montagnes de Santa Marta, en
Colombie, jusqu’à Ghuquisaca, en Bolivie, c’est-à-dire sur
une étendue de plus de 3.000 kilomètres. Ces arbres vivent
à une altitude qui varie de 1.200 à 3.000 mètres et plus
suivant les espèces ou leur éloignement de l’équateur. Ils
échappent ainsi aux variations extrêmes, mais leur port
varie dans ces divers milieux ; ce sont de grands et beaux
arbres dans les zones chaudes et tempérées, tandis qu’ils
sont réduits à l’état d'arbustes dans les parties élevees.
Quoique l’arbre entier, y compris les feuilles, contienne
un principe fébrifuge, l’écorce seule de l’arbre à quin
quina est employée ; elle se découpe sur le tronc et sur les
lu anches de l’arbre debout ou abattu pour aller plus vite.
La récolte du quinquina sur le versant oriental des
Andes péruviennes est fort pénible. Les arbres une fois
abattus, les cascarilleros ou cascadores (1) enlèvent
(1) De casearilla, nom sous lequel, au Pérou, on désigne l'écorce d’une
variété de quinquina.