Full text : Le Pérou économique

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LE  PÉROU  ÉCONOMIQUE

néralement  terminé  sa  tournée  à  midi,  il  lui  suffit  de  deux
heures  pour  fumer  ou  coaguler  sa  récolte.  Règle  générale,
un  seringueiro  actif  ne  travaille  pas  plus  de  huit  heures
par  jour,  pendant  lesquelles,  en  comptant  le  caoutchouc  à
6  francs  le  kilogramme,  il  aura  gagné  25  ou  30  francs,  si
nous  prenons  pour  base  une  production  de  4  à  5  kilos  par
estrada.  (Une  estrada  riche  peut  donner  8  et  10  kilogrammes.) ­

XY.  —  Les  falsifications  industrielles  ne  se  rencontrent
pas  seulement  dans  les  centres  civilisés,  mais  aussi  dans
les  coins  les  plus  reculés  de  l’Amazonie  péruvienne  ou
brésilienne.  Poussés  par  le  désir  de  corriger  leur  mauvaise ­
  chance,  certains  seringueiros  peu  scrupuleux  introduisent ­
  parfois  des  pierres,  de  la  terre  ou  des  brins  de
bois  dans  le  latex  qu’ils  laissent  coaguler,  augmentant
ainsi  son  poids  frauduleusement  ;  d’autres  y  mélangent
le  lait  de  l’arbre  appelé  caoutchouc  faux,  ou  le  latex  du
«  tapuru  »,  de  difficile  coagulation  et  qui  absorbent  beaucoup ­
  d’eau,  ce  qui  cause  aussi  une  augmentation  de  poids.
On  mélange  aussi  le  latex  du  ficus  elastica  (caucho)  avec
celui  de  l’arbre  appelé  caucho-maska  (cousin  du  caoutchouc) ­
  par  les  quechuas  ;  le  latex  de  la  shiringa  ou  hevea
brasilensis  est  mélangé  avec  la  leche-caspi,  produit
par  l’arbre  appelé  loro  viicuna,  qui  une  fois  fumé  devient ­
  noir  et  acquiert  la  consistance  de  la  poix,  car  ce
latex  n’est  qu’une  résine.  L’opération  qui  consiste  à  mouiller ­
  le  caoutchouc  avant  de  le  livrer,  est  aussi  très  usitée.
Les  acheteurs  se  défendent  contre  ces  fraudes  en  coupant
les  boules  pour  examiner  à  l’intérieur  et  établir  une  défalcation ­
  sur  les  gommes  humides.
XYI.  —  Le  seringueiro  travaille  rarement  pour  son
propre  compte  ;  il  a  le  plus  souvent  un  patron,  qui  est  un
commerçant  (baraconero)  ou  un  seringueiro  propriétaire
            
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