Full text : Le Pérou économique

LE  PÉROU  ÉCONOMIQUE

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sables.  Les  baraconeros  (1)  et  les  patrons  tirent  d’énormes
bénéfices  des  spécialités  pharmaceutiques  qui  sont  très
demandées,  on  ne  sait  trop  pourquoi,  des  armes,  de  la
parfumerie  et  de  la  bijouterie  en  toc.
XVIII.  —  Cependant,  atout  prendre,  si  l’on  considère
que  le  patron  seringueiro  court  grand  risque  de  perdre
ses  avances,  soit  parla  malhonnêteté,  soit  par  la  mort  du
seringueiro,  on  finit  par  admettre  qu’un  bénéfice  de  100  à
120  pour  100,  et  plus  même,  ne  paraît  pas  très  illicite.
Ainsi,  la  morue,  qui  coûte  Ofr.  30,  est  revendue  2  francs
le  kilo  ;  le  sucre,  acheté  0  fr.  60,  est  revendu  2  francs  le  kilo  ;
le  tabac,  acheté  7  fr.  50,  se  vend  20  et  30  francs  ;  la  farine
de  manioc,  qui  est  achetée  3  francs  les  25  kilos,  se  vend
jusqu’à  100  francs  ;  l’eau-de-vie  de  canne  à  sucre,  coûtant
0  fr.  90,  se  revend  2  fr.  50  et  3  francs,  et  souvent  plus  ;  le
riz  et  les  haricots,  achetés  0  fr.  40  le  kilo,  sont  revendus
1  fr.  50  et  2  francs  ;  les  15  kilos  de  paiche  ou  pirarucu
valent  80  francs,  quand  ils  coûtent  20  francs  ;  1  kilo  de
viande  sèche,  coûtant  1  fr.  80,  est  revendu  3  fr.  50;  la
hotte  de  conserve  dite  de  «  carne  fresca  »  coûte  1  fr.  50,
e t  se  revend  4  francs  ;  une  bouteille  de  cognac  est  revendue ­
  12  à  15  francs  la  bouteille,  lorsqu’elle  coûte  2  fr.  50
ù  3  francs  ;  une  chemise  de  coton,  coûtant  3  fr.  50,  est  revendue ­
  8  et  9  francs,  etc.,  etc.
Ces  prix  sont  ceux  des  régions  basses  de  l’Amazonie
péruvienne,  ils  augmentent  beaucoup  suivant  que  les  régions ­
  sont  plus  ou  moins  éloignées,  et  plus  ou  moins  bien
desservies  par  les  vapeurs  fluviaux.  Dans  les  régions  arrosées ­
  par  l’Urubamba,  le  Tambo,  l’Inambari,  etc.,  dans
(1)  Ces  baraconeros  ou  les  patrons  sont  à  leur  tour  approvisionnés  par  des
aviadores,  gros  traitants  qui  leur  font  à  eux-mêmes  des  avances  de  plusieurs ­
  centaines  de  mille  francs,  dont  le  paiement  est  fait  en  caoutchouc
en  fin  de  saison,  qui  commence  en  juin  et  se  termine  en  février.
            
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