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Le PÉROU ÉCONOMIQUE
Les femmes paraissent précocement vieilles, elles sont
d’excellentes mères. Leur cushma., semblable à celle des
hommes, est ouverte d’une épaule à l’autre pour pouvoir
donner le sein à leurs enfants. Elles portent aussi une
bande en fibres de palmier, des bracelets de coton
tissés sur le bras même, des colliers de graines et de
dents de singe. Les plumes et oiseaux de couleur
voyante jouent un grand rôle dans leur toilette. Elles
laissent leurs cheveux flotter au vent comme les hommes,
devant ils sont coupés sur le front. Elles se tracent des
lignes noires, depuis le menton jusqu’à la racine du nez
et arrivant jusqu’aux oreilles ; ces raies sont coupées
par d’autres verticales formant comme des moustaches de
chat ou d’autres figures symétriques.
Les Amueshes sont tout aussi superstitieux que leurs
frères de la Montana. Quand la maladie atteint une fa-
mille, ils l’attribuent aux maléfices d’une jeune fille du voi
sinage qui, après une épreuve semblable à celle du marc
de café ou du poison, est étranglée sans pitié avec une
liane. Les parents de la victime, convaincus de la culpa
bilité de leur progéniture, ne font rien pour la défendre ou
la venger. L’arrivée d’un voyageur coïncidant avec une
maladie plus ou moins subite ou la mort d’un des leurs,
peut mettre l’étranger isolé dans une situation délicate.
Ces indigènes, comme aussi d’autres tribus primitives,
semblent avoir pris des Incas le culte du soleil en l’hon
neur duquel ils semblent célébrer chaque année une fête
dans le Gran Pajonal. Ils croient aussi dans un esprit du
mal, Camagari, avec lequel, suivant eux, les femmes au
raient des facilités spéciales de communication. Ils sont
de caractère relativement soumis, hospitalier même. En
échange des objets qu’excite leur envie on peut beaucoup
obtenir de ces êtres primitifs, jusqu’à un travail prolongé,