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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
marchés étrangers, les procédés routiniers et l’insuffisance
de notre éducation commerciale.
A l’heure où les grandes nations se disputent le marché
du monde, où la situation se modifie chaque jour au dé
triment delà France, et, contre toute prévision, de l’Angle
terre même, au profit de l’Allemagne ; les mêmes repro
ches qui ont été faits si souvent sont encore applicables
aux négociants français.
Ignorance à peu près complète de la géographie et des
langues vivantes. Méconnaissance des goûts et des besoins
des consommateurs. Pour réussir, il faut fournir à l’acheteur
la marchandise qu’il demande. Vouloir lui en imposer une
autre est une pure utopie.
Il faut souvent si peu de chose pour qu’un article plaise
ou ne plaise pas.
Fabrication de marchandises d’un prix trop élevé pour
la majorité des populations.
Emploi onéreux d’intermédiaires.
Intransigeance trop grande dans les conditions de
paiement.
Le défaut de banques françaises.
Le tarif élevé du fret.
En général les négociants français ne connaissent pas
les consommateurs lointains de leurs produits. Parfois
même, ils ne connaissent pas le nom du pays auquel ces
produits sont destinés. C’est l’intermédiaire qui la plupart
du temps se charge d’étiqueter la marchandise à sa guise
et de l’expédier. Il en résulte deux conséquences graves :
nous continuons à rester inconnus pour les pays consom
mateurs et nous n’arrivons jamais à bien connaître les
préférences de l’acheteur de chaque contrée ; ces connais
sances restent acquises aux intermédiaires dont elles font
la force. De ce fait beaucoup d’importateurs ignorent la