LE PÉKOU ÉCONOMIQUE
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provenance réelle des produits qu’ils mettent en vente et
confondent le pays de leur fournisseur avec celui d’origine.
Dans ces conditions il est souvent difficile de se rendre
compte si l’écoulement des produits français est en recul
ou en progrès dans certains pays.
IV. — Les commerçants français établis au Pérou et,
avec eux, ceux de la République Argentine, du Chili et
du Brésil font à ce sujet entendre des doléances très vives.
Ils reprochent surtout à nos industriels de ne vouloir
traiter d’affaires que par intermédiaires à qui ils laissent
de fortes remises. Par une anomalie qui ne s’explique
pas, car le nombre des Français résidant dans ces centres
est relativement élevé, presque tous les représentants de
notre industrie au dehors sont des étrangers, principale
ment des Allemands, qui représentent souvent d’autres
articles et ont une tendance à favoriser ceux pour les
quels ils ont une plus forte remise, et souvent s’empres
sent de grever les autres produits, généralement les pro
duits français, d’une augmentation de 15 à 20 pour 100.
Le fabricant, tout à son industrie, ne peut que difficile
ment s’entendre avec l’acheteur d’outre-mer ; il ne connaît
pas les goûts, les habitudes, les particularités et les règle
ments de chaque nation. Il est donc exposé, dans ses
expéditions, malgré tous ses soins et sa bonne volonté, à
de nombreuses erreurs dont le résultat le plus immédiat
est de mécontenter le nouveau client. Il se borne souvent
à s’adresser à des agents d’expédition qui s’occupent des
formalités douanières et des conditions de transport, ce
qui ne suffit pas. Il faut des qualités de méthode et de
persévérance qui ne s’acquièrent que par la pratique.
V. — Pour étendre nos relations directes au loin, nous
possédons peut-être pas l’outillage commercial néces
saire ; nous manquons du trait d’union indispensable, —
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