LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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merçants à employer ce procédé ; sacrifier certaine caté
gorie de commissionnaires serait œuvre pie, car nous
avons pu nous rendre compte, à diverses reprises, qu’il
en est parmi eux qui n’apportent souvent qu’un zèle relatif
à transmettre les commandes qui leur sont faites. Il est
arrivé fréquemment que ces commandes ont été transmises
avec un retard de quelques mois, ou inexactes, ou incom
plètes; ces procédés regrettables ont contribué à discré
diter nombre de commerçants français, les faisant accuser
à tort de négligence, quand cette négligence était le fait
d’un intermédiaire ou commissionnaire mal choisi.
Encore une fois, ce qu’il nous faut, c’est le représentant
énergique et actif connaissant plusieurs langues : c’est
avec son armée de commis-voyageurs que l’Allemagne
a réussi à devancer les Anglais, même où ces derniers
paraissaient le plus solidement installés. Il est absolument
lamentable de constater que malgré ces exemples et
malgré les cris d’alarme de nos consuls et des voyageurs
les plus compétents en cette matière, le commerce fran
çais s’entête dans son système de vente par intermédiaire
et ne veut pas de commis-voyageur qui peut assurer
une vente directe et rémunératrice.
Deux méthodes sont à suivre par les voyageurs qui
visitent l’Amérique du Sud. La première consiste à ne
s’occuper que d’un seul genre d’articles. Avec la seconde
on s’occupe de vendre un plus grand nombre de produits
en visitant moins de pays. Il est difficile de se prononcer
sur la préférence à accorder à l’uu ou l’autre système.
Tous les deux peuvent donner d’excellents résultats.
D’une part, ceux qui limitent leur champ d’action à un
petit nombre de pays, y reviennent plus souvent. Y séjour
nant plus longtemps, ils finissent par les bien connaître.
D’une part, bon nombre de commissionnaires de New-