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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
dépenses imprévues, de sorte qu’il se voit forcé, s’il ne
possède rien, à contracter des dettes et à végéter plus
longtemps.
Il est difficile de dire, sinon au point de vue général,
quels sont les émigrants qui réussiront le mieux au Pérou
et de quels moyens ils doivent disposer, car tout dépend
des capacités, de la profession et des exigences de chacun.
Les agriculteurs, les éleveurs de bestiaux et les artisans
sont les plus recherchés. Pour l’élevage du bétail un ca
pital de vingt à trente mille francs est nécessaire pour
acheter des pâturages, des bestiaux et parvenir dans
un temps donné, par une activité constante, au bien-
être.
Pour faire l’élevage sur une grande échelle, il faut un
capital six ou huit fois plus élevé et parfois davantage. Les
candidats feront bien de ne se risquer qu’après une pé
riode d’apprentissage dans le pays même et après avoir
mûri leur décision par leur expérience et leurs observa
tions personnelles. L’occasion de s’instruire sous ce rap
port se trouvera toujours auprès d’éleveurs étrangers et
indigènes, établis dans les nombreuses haciendas de la
Costa ou de la Sierra.
Les agriculteurs feraient montre de sens pratique en
travaillant pendant quelques semaines dans une hacienda
de la côté ou dans une colonie existante, afin d’étudier les
procédés de cultures locales, d’apprendre, avec quelques
notions de la langue, la meilleure manière de traiter et de
diriger les travailleurs indigènes pour en obtenir un travail
utile. En un mot, faire une période d’apprentissage afin de
ne pas gaspiller plus tard son avoir et son temps dans des
essais infructueux.
Aucune famille de colon ne devrait émigrer sans dis
poser d’au moins 5.000 francs. La moitié suffit pour un