LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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reuse, mais un moral énergique. Ceux qui croient arriver
à l’indépendance et à la fortune avec peu de peine feront
mieux de ne pas s’expatrier. On ne doit pas émigrer pour
changer de position, mais seulement avec la ferme inten
tion de l’améliorer.
Tout colon doit compter, au commencement, sur une
vie relativement précaire, tant qu’il n’aura pas installé
son exploitation et ne se sera pas habitué aux conditions
climatériques et autres. C’est un grand avantage d’être
marié.
Dans la Montana, le colon ne devra pas oublier qu’en
s’installant, il ne rencontrera que la forêt à perte de vue,
que son premier travail sera de défricher, de déboiser
plutôt, pour pouvoir semer.
C’est donc en s’installant aux côtés de ceux qui l’auront
précédé, sur un bon chemin qui lui offrira toutes facilités,
que le colon trouvera l’appui et les ressources qui lui
assureront un établissement dans de bonnes conditions ;
en déployant toute son énergie, il pourra de cette façon
entreprendre sa tâche avec toute confiance dans l’avenir.
Il est donc préférable, pour le moment, de ne pas dépasser
le Palcazu, déjà jalonné par plusieurs installations aux en
viron de Puerto-Mairo etde Puerto-Chuchurras.Le Pichis,
le Chanchamayo, seraient excellents, la Pampa deISacra-
mento et le grand Pajonal meilleurs encore, mais ces der
nières régions ne paraissent pas, pour l’instant du moins,
présenter une sécurité suffisante pour les colons isolés, en
raison des incursions des Indiens Campos, réfractaires à
la civilisation. Pour notre part, nous ne considérons pas,
nous l’avons déjà dit, la présence des Indiens comme un
danger, mais plutôt comme un bienfait dans la plupart des
cas. Il suffit de se les rendre favorables par de bons traite
ments.