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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
ments de terre ou simples temblores, qui en temps
normal laissent le public à peu près indifférent.
La vie matérielle est très bon, marché à Lima, contre
toute prévision.
V. — La ville est approvisionnée par quatre marchés :
le Baratillo, la Recoleta, la Aurora et la Concepcion;
tous édifices occupant une manzana (115 mètres de côté)
d’un très bel aspect, propres et bien aérés.
Ces marchés sont en tout temps bien pourvus de
vivres comestibles d’une grande variété ; ils sont appro
visionnés par les nombreux vergers des maisons et les
jardins qui existent à l’intérieur de la ville. Voici un
aperçu des prix de quelques vivres.
« Viande de bœuf, 0 fr. 40, 0 fr. 50 et 0 fr. 60 la livre :
sucre non raffiné, 0 fr. 25 ; riz, 0 fr. 25 et 0 fr. 35 la livre ;
le café (du pays), 0 fr. 75 et 1 franc la livre ; saindoux,
0 fr. 60 et 0 fr. 65 la livre ; beurre du pays, frais ou salé,
1 fr. 75 et 2 francs ; pomme de terre, 0 fr. 05 ; pain,
0 fr. 25 ; lait, 0 fr. 15 ; vin du pays, 0 fr. 50, 0 fr. 75 et
1 franc le litre ; le rhum ou tafia, 2 fr. 50 le litre, etc. »
Le Liméen est ami de la bonne chère ; dans les classes
aisées, l’art culinaire est composé d’un amalgame de ce
qu’il y a de meilleur dans toutes les cuisines. Cependant,
dans les classes pauvres, peut-être plutôt par nécessité
que par goût, et chez d’autres pour conserver intactes les
coutumes créoles, on ne sert que les plats nationaux qui
ont toujours de nombreux amateurs dans toutes les classes
sociales. Les principaux plats qui composent la cuisine
populaire sont : le soncochado, sorte de ragoût, le
puchero, pot-au-feu créole, le locro, maïs cuit à l’eau au
sucre, au lait ou avec de petits morceaux de viande, le tout
très pimenté, le séviche préparé avec du poisson, des
crabes ou des coquillages, etc. La chicha, sorte de