DE L'ADRIATIQUE AU DANUBE
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on lavait suspendu. La tête d’ichthyosaure qui figure dans la même salle
provient également dune église, où on la conservait comme la tête du
dragon décapité par saint Georges.
Les antiquités païennes hongroises sont en argent et en 01 ; quelques-
unes ont la forme d’un chien, ce qui pourrait faire supposer que les pre
miers représentants de la race canine viennent d Asie, du Dekhan et des
montagnes de F Himalaya, où ils se trouvent encore à l’état sauvage, et
‘(«’ils ont été introduits en Europe par les Iluns, ancêtres des Hongrois.
Un savant français, émule de Mommsen, M. Desjardins, a enrichi les
antiquités romaines du Musée de Pest de nombreuses pierres tumulaires
découvertes dans des fouilles. Parmi les objets recueillis dans les sarcophages
loinains, on remarque un petit siège de fer articule , qui se plie; la palette,
le compas et les couleurs d’un peintre : une des couleurs est rouge, et
I autre verte. L’art de la verrerie était déjà poussé très-loin; les vases sont
gracieux, de formes élégantes et variées. Ils sont faits pour parler aux sens
et flatter les yeux; la femme les emploie à sa toilette : elle y met ses eaux
de senteur, ses teintures et son fard.
La collection d’armes du seizième et du dix-septième siècle nous montre
également l’influence et le rôle grandissant de la femme dans la société et
la civilisation. Sa présence aux tournois et aux jeux guerriers adoucit, rend
même aimables et coquets les instruments destinés à donner la mort. Une
fine ornementation, des arabesques d’or incrustées, des fleurs, des emblèmes
découpés dans l’argenterie, dans l’ivoire, font de certaines armes de vrais
bijoux. Voici un pistolet en or, du seizième siècle, destiné à protéger les
grandes dames, et qu elles portaient à la ceinture comme les Vénitiennes
portaient leur poignard à la jarretière.
La dernière salle, dite du Trésor, renferme de merveilleux spécimens
de T orfèvrerie profane : cette industrie d’une élégance si originale, qui
commença au dix-septième siècle et qui, progressant sans cesse, produisit
le superbe épanouissement artistique de la Renaissance. Rien de plus déli
catement ouvragé que ces broches, ces bracelets, ces ceintures, ces agrafes,
ces boucles d’oreilles en or, en argent, en filigrane et en émail, sortis des
mains des ouvriers sur métaux de la Hongrie. — Les orfèvres de Transyl
vanie étaient sans rivaux dans le travail de l’émail cloisonné et garni de
perles.
Examinez la délicatesse des ornements, la finesse des dessins de cette
boite à mouches en opale, ayant appartenu à la reine Élisabeth de Hon
grie; voyez ce chapelet de perles de la princesse Catherine de brande
bourg; ces anneaux, ces chaînes, ces montres et ces horloges a garnitures