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L’IMPOT FONCIER ET LA CAPITATION PERSONNELLE
Enfin le propriétaire était responsable du versement de la capita-
tion par ses tenanciers et il l’avançait au fisc*. Le chiffre de cette
capitation variait selon que le colon était marié ou non, suivant le
nombre de ses enfants et de ses ascendants. Il était donc indispen-
sable qu’on relevât, outre son nom, et celui de sa femme, ceux de
ses enfants, s’il en avait, de ses parents, et enfin, le cas échéant,
de son associé (soctus) ?.
Par malheur les polyptyques ecclésiastiques qui nous sont parve-
venus datent d’une époque où précisément l’impôt public, sans
avoir théoriquement disparu, n’est plus versé en fait par les
établissements ecclésiastiques®. Dans quelle mesure ces docu-
ments reflètent-ils le passé, c’est ce qu’il est difficile de dire. Dans
l’ensemble cependant, il paraît probable que le polyptyque de Saint-
Germain-des-Prés donne une idée de l’aspect des anciens polyptyca
publics *.
C’est seulement lorsqu'elle était en possession des renseignements
multiples que nous venons de passer en revue que l’administration
financière procédait à l’estimation des juga et capita d’un domaine.
Elle les répartissait en deux, ou plutôt trois, grandes divisions ou
cédules, descriptio terrena, capitatio animalium, capitatio humana®*, com-
portant certainement des subdivisions. Mais il serait inconsidéré de
vouloir trop préciser.
1. Cf Appendice Premier.
2. Il n’est pas très rare dans le polyptyque de Saint-Germain-des-prés de voir
an colon, même marié et père de famille, avoir un associé également marié.
3. Voy. la deuxième partie de cette étude p. 103, 113.
4. Fustel de Coulanges (Recherches sur quelques problèmes d'histoire, p. 84) a déjà
dit : « Peut-être ne serons-nous pas trop téméraires en nous figurant les registres
romains de l'impôt d’après les registres de l’abbé Irminon [polyptyque de Saint-
Germain-des-prés] ou de l'archevêque Hincmar [polyptyque de Saint-Remy de
Reims]. »
;. Voy. plus haut, p. 57.