2o855 francs, soit à 18 fr. 90 cent, par élève, non compris les frais du local
et du mobilier appartenant à l’école réelle.
Nous avons visité deux de ces écoles et vu les travaux exécutés par les élèves
des sections spéciales. Nous avons pu y constater la bonne direction donnée à
l’enseignement, et les résultats remarquables obtenus au point de vue du dessin
et de l’utile habitude qu’il fait contracter de se rendre compte, avec son secours,
des formes et des proportions. Des collections complètes de ces dessins nous
ont été données, et méritent d’être consultées quand on établira des ensei
gnements analogues.
Les belles salles des écoles réelles, vastes et bien aérées, permettent de
mettre à l’aise les élèves de toutes les sections spéciales.
ÉCOLE INDUSTRIELLE OU DE PERFECTIONNEMENT DES APPRENTIS ET DES OUVRIERS À PRAGUE.
La Bohême, où l’enseignement primaire est si développé, et qui, conservant
l’usage de sa langue nationale, est une des provinces de l’empire d’Autriche où
les études littéraires et scientifiques sont le plus cultivées, a, depuis longtemps,
constitué à Prague un ensemble d enseignements véritablement remarquable.
Nous parlerons plus loin de ses écoles réelles et de son institut polytechnique,
mais, pour le moment, nous devons faire connaître l’organisation quelle a
donnée à son école pour les ouvriers.
Il y a déjà plus de trente ans que la société industrielle de Bohême (gcu'crbs Verein
von Böhmen) avait fondé une école de dessin et de modelage en plâtre, pensant,
avec raison, que c’est principalement par le dessin que l’on pent instruire les
ouvriers et leur donner une foule de notions utiles et même scientifiques qu’il
serait autrement difficile de leur rendre familières.
Plus tard, cette société voulut donner plus d’extension à son enseignement,
mais elle fut arrêtée longtemps par le défaut de ressources, et ce 11’est que
depuis deux ans environ quelle a pu y parvenir. Un ingénieur dévoué, qui a
beaucoup étudié l’organisation de l’enseignement industriel en France et
ailleurs, a été chargé de rédiger un plan d’études pour les écoles destinées aux
ouvriers. Ce plan, publié sous le titre : Projet de statuts pour l’école de /'industrie
et des métiers à Prague, a été soumis à la Diète de Bohême et au conseil de la
ville, qui l’ont adopté. La ville a fourni pour (’établissement, le bâtiment, le
mobilier et une subvention annuelle de i5oo florins (3i5o francs), la Dicte
a alloué 2000 florins (4200 francs), et la société industrielle s’est engagée à
donner aussi 3000 florins (4200 francs). L’école a donc un revenu fixe de
55oo florins (1 i55o francs).
La haute surveillance de l’école est confiée à un conseil de trois membres