LA POPULATION dl
se poserait qu’au point de vue de la destinée du genre
humain.
Mais tel n’est pas le cas : le taux de la natalité peut varier
du simple au double selon les pays (1), et ces différences
déterminent des inégalités grandissantes dans les densités
respectives des populations. Les conséquences peuvent être
formidables. C’est pourquoi non seulement en France, qui
est le pays le plus menacé, mais aussi dans les pays plus
prolifiques qui craignent de perdre leur avance, on cherche
les moyens de stimuler l’accroissement de la population ou
tout au moins de faire disparaître les obstacles qui l’enrayent.
Les remèdes proposés à cet égard sont innombrables :
primes pour la procréation des enfants, suppléments de trai-
tements pour les fonctionnaires et de salaires pour les ouvriers
en raison du nombre de leurs enfants, réduction du coût de
la vie par l’abolition des droits protecteurs, facilités pour
le logement, réforme des lois de succession, simplification
des formalités du mariage, impôt sur les célibataires,
exemptions ou aggravations du service militaire. Mais de
tous ces remèdes, il n’est guère que le premier, fortes primes
par enfant à partir du troisième, qui pourrait être eflicace ;
peut-être suffirait-il pour réconcilier l'intérêt individuel et
l'intérêt national qui se trouvent ici à l’état de conflit.
Car il n’est pas douteux que si l'enfant rapportait au lieu
de coûter, il ne fût le plus souvent le bienvenu.
Quelles seront les conséquences de la guerre en ce qui
concerne le mouvement de la population? Tant qu’elle a
duré, elle a déterminé une énorme diminution de la natalité
dans tous les pays belligérants et même dans les pays
neutres. Depuis qu’elle a pris fin, on voit au contraire une
forte recrudescence de la natalité, même en France. Mais
sera-t-elle durable ? Les statistiques des guerres passées
(1) C’est en France que le taux de la natalité est le plus bas de tous
les pays connus (19 p. 1000, alors que dans les autres pays il varie de 25 à
35 p. 1000). Mais la baisse du taux de la natalité est universelle et mème,
dans plusieurs pays, plus rapide qu’en Franee.
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