fullscreen: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

LES DÉPORTATIONS 137 
Voilà un point qui ne sera mis en doute par aucun Belge ayant 
assisté au départ des déportés. ; 
Mais si les déportations ne se sont pas exercées exclusivement 
au détriment des chômeurs secourus, elles prirent leur point-d’ap- 
pui primitif sur les listes de chômeurs que dressaient les Comités 
locaux. 
Dans beaucoup d’endroits, les autorités allemandes trouvaient 
commode, avant de convoquer par affiche toute la population mâle 
de 17 à 55 ans, d’exiger des administrations communales d’abord, des 
Comités locaux de secours ensuite, la communication des listes de 
chômeurs. Ce fut un moment d’angoisse pour les administrateurs du 
Secours Chômage. Le Comité National, se basant sur les garanties 
formelles qui lui avaient été accordées, interdit à ses sous-organismes 
de communiquer les listes. Les administrations communales, depuis 
qu'elles n’intervenaient plus dans le Secours Chômage, ne les possé- 
daient point et devaient répondre aux autorités allemandes que les 
Comités locaux, œuvre privée, ne pouvaient être contraints de les 
leur fournir. Il y eut certainement par-ci par-là des défaillances, mais 
d’une manière générale on peut dire que les Comités de Secours Chô- 
mage surent résister aux sollicitations et aux menaces. 
L'autorité allemande, en effet, ne se bornait pas à exiger ni à mena- 
cer : elle n’hésita pas à exiler en Allemagne des bourgmestres et des 
présidents de Comités qui s’étaient refusés à communiquer les listes 
des chômeurs. 
D'autre part, elle invoqua le fait que les listes ne lui étaient 
point fournies pour déporter des non-chômeurs. Dans une circulaire 
adressée le 28 octobre 1916 par le Gouverneur Général aux bourg- 
mestres qui avaient refusé les listes on lit : « Votre devoir de bourg- 
mestre est de conseiller dans ce sens (c’est-à-dire de les engager à 
accepter du travail en Allemagne) les chômeurs de votre commune, 
et non pas de les exciter au refus du travail. La responsabilité des ri- 
gueurs inévitables de l’emploi de la contrainte retomberait sur 
ceux qui ont détourné les travailleurs du travail qui leur est offert en 
Allemagne. Je vous ferai en outre remarquer qu’un bourgmestre qui 
ne d(nne pas ponctuellement et complètement les listes des chômeurs 
demandées sera responsable de ce que les personnes occupées seront 
confondues avec les chômeurs et envoyées en Allemagne. Si, après 
cette explication, vous refusiez de livrer les listes des chômeurs ou 
provoqueriez d'autres difficultés en cette circonstance, je serais obligé 
d’agir contre vous avec la plus grande sévérité ». 
Que ces menaces aient intimidé plus d’un magistrat communal, 
c’est certain et cela n’a rien d’étonnant. Mais qu’elles n’aient réussi
	        
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