Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

FORMATION DU PROLETARIAT 
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mendiants était, toutes proportions gardées, dix-huit 
fois moins graud que dans la Flandre. Défricher trop 
promptement l’Ardenue ou la Campine, faire arriver 
le sol à cet état de fertilité que l’on admire dans les 
Flandres, c’était provoquer le pau] érisme qui désole 
ces contrées et l’engorgement de population qui à cer 
tains moments peut menacer la tranquillité de l’Etat (1). 
Ducpétiaux, en 1850, démontre aussi que dans le 
Luxembourg l’existence de terrains communaux, dont 
la jouissance est assurée à tous les habitants, est pour 
un grand nombre de ceux-ci un véritable secours, qui 
équivaut aux aumônes distribuées ailleurs par les bu 
reaux de bienfaisance. « De là sans doute en grande 
partie le nombre restreint d’indigents inscrit dans cette 
province » (2). En 1828, par exemple, il y avait en 
Belgique un habitant secouru sur 0.93 habitants ; dans 
le Luxembourg il n’y en avait qu’un sur 130.79 (3). 
Aujourd’hui encore, dans l’arrondissement de Neuf- 
château, ou la population est très clairsemée, et où la 
propriété communale existe, nous ne trouvons pas d’in 
digents. 
« Ce pays vaut mieux pour l’ouvrier, dit à Vandek- 
velde un bûcheron, que le pays bas. .T’ai pu m’en 
convaincre du temps que j’étais soldat. Dans les villes, 
les riches sont très riches, mais les pauvres sont très 
pauvres. Ici, toutes les familles ont au moins une va- 
(1) Ib. p. 138. 
(2) Ed. Ducpétiaux. Mémoire sur le paupérisme dans les Flandres. 
Bruxelles, 1850, p. 18. 
(3) Ib. p. 17.
	        
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