140 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
corps de métiers ait eu à subir des attaques et des
critiques sévères. « Depuis les dernières années du
XVII e siècle, écrivent les auteurs de l’Histoire de
Bruxelles, l'organisation des métiers était en butte à
de violentes attaques dans les rapports de quelques
agents du gouvernement, et l’esprit de corps qui entravait
les progrès de l’industrie leur avait suscité beaucoup
d’antagonistes. On demandait la suppression des
corporations parce qu’elles gênaient le commerce, tout
en faisant entrevoir la nécessité de les tolérer pour ne
pas renverser l’ancienne organisation des cités »• (1).
Pour s'éclairer exactement sur la situation, Marie et
Albert de Saxe-Tesclien avaient, en 1784, chargé les
magistrats de la plupart des villes de leur faire connaître
à bref délai l’étendue des privilèges des corporations,
leur situation, etc.
Beaucoup de réponses obtenues condamnent sévèrement
les corporations. Le magistrat de Virton terminait
son rapport par cette conclusion : « De toutes ces
observations nous croyons pouvoir conclure que tous
les corps de métier étant, comme ils le sont réellement,
un obstacle au commerce, aux arts et à l’industrie,
l’intérêt public demanderait qu’ils soient absolument
supprimés ». Le magistrat de Limbourg, consulté
en même temps, répondit qu’heureusement il n’y avait
dans leur ville aucun .corps de métier (2).
C’est ainsi qu’une grande partie du public et non la
(1) Alexandre Henne et Alphonse Waüters. Histoire de la Ville de
Bruxelles. Bruxelles, 4845, v. II, p. 290.
(2) Crutzen. 1. c. p. 7.