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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
en 1905, produit aujourd’hui une force de 10.000 che
vaux c’est-àdire le quart de ce que l’industrie entière
avait à sa disposition en 1846, et presque le total de
ce dont elle disposait eu 1830. (12.000 chevaux-vapeur) (1).
Cet accroissement de la force motrice n’était possi
ble que grâce à la mise en valeur des grands capi
taux. Une forme nouvelle d’entreprise industrielle —
la société anonyme — s’est développée. Eu 1839, on
ne croyait pas encore dans son avenir « Après une
expérience de 5 années environ, dit Briavoinne, il a
dû surgir des faits qui permettent de tirer des conclu
sions sur les avantages et les inconvénients que ce
système de société présente .. Au bout de quatre années
d’existence, la Banque de Belgique a dû momentané
ment suspendre ses paiements et solliciter un secours
du Gouvernement pour pouvoir opérer une liquidation
amiable. La Société de la raffinerie anversoise s'est
dissoute ; d’autres, principalement parmi les hauts-
fourneaux, les fabriques de fer et les ateliers pour la
construction des machines, ont suspendu le paiement
de leurs intérêts, etc... A juger l’ensemble, il semble
qu’à peu de chose près il faille encore revenir pour les
sociétés anonymes aux principes qu’a posés Adam Smith
pour les compagagnies à fonds réunis » (2).
Un ingénieur anglais, Grenville Withers de Mar-
chienne-au-Pont, exprime une opinion encore plus sévère
sur cette forme d’entreprise. En parlant de 4 sociétés
(1) Waxweii.er, Quelques pages, etc, 1. c. p. 5,
(2) Briavoinne. De l’industrie, 1. c. v. II, p. 237-238,