LES CAUSES DE LA DÉCADENCE DU MÉTIER
175
l'artisan (1) produire à meilleur marché que le métier.
II serait bon que ceux qui rêvent de faire revivie
le métier par l’emploi de petits moteurs y réfléchissent
sérieusement.
La force de travail coûte moins en moyenne à la
fabrique qu’au métier. Il en résulte la possibilité de
l’emploi d’ouvriers spécialement qualifiés et par cela
même la production de meilleures marchandises.
Ainsi, un coupeur d’une grande habileté ne pourra
produire comme artisan qu'un nombre restreint de costumes,
car, en dehors de la coupe, il devra s’occuper
de la couture, du repassage, etc. Dans la fabrique,
ce travail simple ne demandant pas de talent
spécial pourra être abandonné à des ouvriers
non qualifiés. Le coupeur ne s’occupera que de sa
spécialité et tous les costumes porteront l’empreinte
de son art.
Grâce à la décomposition du travail, la marchandise
n’est pas seulement moins chère et de meilleure qualité,
elle est aussi mieux fournie. Ici le changement
des mœurs joue un rôle important. Jadis, quand la
confection des objets pouvait traîner en longueur, l’artisan
suffisait.
Aujourd’hui où tout est mouvement et acivité, où les
idées changent avec une rapidité croissante, où il faut
(l) Ceci est naturellement une supposition qui ne répond pas à la
réalité ; ainsi par exemple en 1815, un cordonnier habile pouvait produire
aux Etats-Unis, 155 paires par an ; aujourd’hui dans une fabrique
on compte plus de 3t:Û0 paires par ouvrier.(E. Fra.ncke : Die behuhmacherei
in Bayern, 1. c. p. 38).