Full text : L'évolution industrielle de la Belgique

LES  CAUSES  DE  LA  DÉCADENCE  DU  MÉTIER

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clientèle  assurée,  aussi  longtemps  que  ses  concurrents
n’étaient  que  des  artisans,  sa  situation  n'était  pas
mauvaise.  Il  pouvait  fixer  les  prix  approximativement,
il  pouvait  même  commettre  sans  grand  danger  des
erreurs  de  calcul  ;  le  gain  par  pièce  était  assez  grand
pour  le  permettre.
Mais  le  rationalisme  économique  apparut  proclamant ­
  un  principe  nouveau  de  vente,  qui  disait  qu’il
faut  gagner  peu  sur  la  pièce  et  beaucoup  sur  la  masse
des  produits  fabriqués.  Le  calcul  commercial,  l’établissement ­
  d’un  prix  de  revient  sont  devenus  la  base  de
la  production.  On  a  dû  se  conformer  aux  conditions
nouvelles  et  devenir  un  parfait  commerçant.
L’artisan  ne  possède  pas  et  ne  peut  pas  posséder
les  connaissances  spéciales  pour  fixer  les  prix  à  quelques ­
  centimes  près.  Il  lui  est  impossible  d’appliquer
les  principes  de  l’arithmétique  commerciale.  L’enquête
du  Verein  fiïr  Sozialpolitik  en  relève  des  exemples
nombreux.
Voici  par  exemple  ce  que  nous  y  lisons  à  propos
de  l’industrie  du  métal  à  Berlin  :  «  L'adjudication  nécessite ­
  un  calcul  commercial  exact  des  prix  et  une
connaissance  de  l’offre  et  de  la  demande.  Sous  ce
rapport,  l'artisan  n’est  pas  de  force  à  se  mesurer  avec
les  propriétaires  des  grandes  entreprises.  Si  des  établissements ­
  d’artisans,  possédant  des  capitaux,  succombent, ­
  il  faut  l’attribuer  à  cette  cause  »  (1).  Menold
dit  à  ce  même  sujet,  en  parlant  du  développement

(l)  \V.  Sombart  :  Der  moderne  Kapitalismus.  1.  c,  v.II,  p.  465.
            
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