Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

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EVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE 
L’industrie du jouet à Paris nous donne une illus 
tration intéressante de cette supériorité de la fabrique. 
Alors que l’artisan doit rester en ville et payer 
un loyer de 1500 francs qui 1 écrase (1), les ateliers 
capitalistes vont chercher, avec des espaces plus larges 
et des loyers moins chers, une population moins 
raffinée et moins rebelle à la baisse des salaires. 
Jumeau va à Montreuil, que les poupées semblent 
avoir choisi pour royaume ; les têtes de bébés mar 
quent une prédilection particulière pour Charenton, 
où se découpent leurs cervelles de liège ; le caout 
chouc émigre vers Belleville avec Bapst et Amé, ou 
même plus loin dans l’Oise avec Derollant ; enfin les 
jouets mécaniques, non seulement les chevaux précur 
seurs des vélocipèdes, mais les usines de métal pro 
prement dit, à la tête desquelles figure la grande usi 
ne Rossignol, se perdent plus haut dans la ville toute 
moderne, celle-là qui se forme au nord-est, aux envi 
rons de l’église Saint-Ambroise, la « Ville de Mécani 
que », réunion de fabriques d’outils, de lits, meubles 
en fer, etc. (2). 
Nous remarquons la même tendance dans l’industrie 
de la lingerie en Belgique. Ainsi, une maison de Bru 
xelles a un atelier en province où la main-d'œuvre 
féminine inexpérimentée est habituée à de très bas 
salaires. (L’industrie à domicile, v. III, p. 304). 
La fabrique transplante même quelquefois une par 
ti) P. Du Marrousem : La question ouvrière. III. Le jouet parisien. 
1894 p. 85. 
(2) Ib. p. 45.
	        
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