LA DECADENCE DU MÉTIER
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En nous servant des données de la statistique indus
trielle de 1846, nous ne devons pas oublier que ces
chiffres sont inférieurs à la réalité.
I ) A cause de la crise intense qui sévissait en 1846;
2°) A cause des indications erronées des industriels
(voir p. 199).
Pour le recensensement de 1896, nous nous sommes
servis du dénombrement A, celui-ci présentant, au point
de vue de la division par profession, plus d’exactitude
que le dénombrement B Dans ce dernier, les ouvriers
occupés dans les services généraux des établissements
industriels ont été rattachés à l’industrie correspondant
à leur profession personnelle. Ainsi les menuisiers,
maçons, ajusteurs, etc. d’une filature de coton ont été
l’enseignés non sous la rubrique « fabrication des fils
de coton », mais respectivement aux « industries du
bois, du bâtiment et de la construction des machines » (1).
II semble, à première vue, qu’après avoir fait choix
des deux recensements, il est facile de faire des com
paraisons entre la situation de 1846 et celle de 1896.
Mais hélas ! en avançant, les difficultés et les chances
d’erreurs ne font qu’augmenter, comme je vais le mon
trer par quelques exemples.
Ainsi, en 1846, on a recensé 794 armuriers, arque
busiers, fourbisseurs occupant 1574 ouvriers. En 1896,
nous n’en trouvons plus aucun. Ce sont les grandes
fabriques et l’industrie à domicile qui ont remplacé le
métier. Telle semble être au moins la conclusion logi
que. Rien de plus contestable. Il est bien probable
(1) Recensement industriel 1896, 1. c. v. XVIII, p. 355