Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

212 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE 
Bruxelles, occupant 200 ouvriers et 45 employés. 
En entrant dans les premières salles, je ne croyai 
pas me trouver dans un établissement d’où sortent 
de fins objets d'art. Dans la salle d'estampage, un 
moteur à gaz d’une force de 100 chevaux met en 
mouvement des machines d’une pression de 600.000, de 
350.000 et de 250.000 kilos, qui servent à estamper et 
à faire des corps creux Grâce à ces puissantes ma 
chines un corps creux qu’on devait faire à la main 
en io heures est fait maintenant eu 1/5 de minute 
(300 à l’heure). Ces produits sont plus résistants que 
les anciens qui, étant soudés, se détérioraient plus 
facilement. C’est au moyen de l’estampage qu'on fait 
aussi les fourchettes, cuillers, etc. 
Dans les autres salles, la plus grande partie de 
l’ouvrage se fait à la main, ainsi la ciselure et la gra 
vure des matrices, le montage, etc. Les objets sont 
argentés par électrolyse, les ornements sont coulés dans 
les matrices. 
Des artistes font des dessins, créent des formes 
nouvelles, en tâchant de les adapter au goût du public. 
Les frais d’outillage d’un établissement d'orfèvrerie 
comme celui de M. Wiskemann se montent, y com 
pris les matrices dont la maison possède 6000 à 7000 
pièces, à 60.000 francs par an 
La décomposition du travail y est assez grande ; un 
objet, avant d’être achevé, passe par 20 à 30 mains. 
Grâce à cette différenciation qui permet de faire une 
partie de l’ouvrage au moyen des puissantes machines, 
l’autre à la main, la grande entreprise peut fournir 
de beaux articles à bon marché.
	        
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