Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE 
des contre-tendances qui arrêtent ce mouvement, qui 
permettent au métier de lutter pendant un certain 
temps contre la concurrence d’un organisme absolument 
supérieur. Nous allons essayer de les analyser. 
Citons d’abord les éléments psychologiques, comme 
l’habitude. On est souvent lié par une amitié ancienne 
avec l’artisan ; on aime à causer dans son magasin ; 
on a aussi une préférence pour l’achat à crédit. Remar 
quons aussi, qu'au milieu de la crise intense que tra 
verse la petite bourgeoisie, les sentiments de solidarité 
et d’aide mutuelle sont en honneur entre les différen 
tes professions. A charge de revanche, le boucher, le 
tailleur, l’épicier s’adresseront au cordonnier, qui leur 
donne sa clientèle plutôt qu’à la coopérative ou au 
grand magasin. 
Ces tendances sont beaucoup plus fortes à la cam 
pagne, où tout le monde se connaît, que dans les 
grandes villes. Mais il serait faux d’en tirer la con 
clusion que le métier pourra se maintenir à la cam 
pagne. Nous voyons que dans un pays possédant un 
réseau de chemin de fer aussi dense qu’en Belgique- 
toutes différences entre le plat pays et la ville dispa 
raissent. Les grandes coopératives et les boulangeries ! 
fournissent le pain dans les environ (p. 22b) ; les mai 
sons de confections envoient partout leurs voyageurs 
(p. 227) ; l’imprimeur de la grande ville envoie en pro 
vince ses courtiers, qui visitent la clientèle locale et con 
sentent des rabais considérables. (Commission Nationale 
de la Petite Bourgeoisie, v. V, p. 421). Les artisans 
des villages, à qui la dépopulation enlève la plus
	        
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