LA DÉCADENCE DU MÉTIER
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grande partie des clients, émigrent aussi bien que les
journaliers et les cultivateur (1).
Un second élément qui permet à l’artisan de résister à la
concurrence de la fabrique, c’est la possibilité de se pro
curer, quand son métier ne le nourrit plus, d’autres res
sources accessoires. Nous les avons citées en parlant des
différents métiers. Ainsi, les boulangers deviennent des
boutiquiers vendant du chocolat, etc. ; ils sous-louent
une partie de leur maison ; leurs fils employés les
aident, etc. Quelquefois, les épargnes faites pendant des
temps meilleurs servent à prolonger la lutte. On di
minue les frais généraux en transplantant son atelier
dans une cave, en négligeant toutes les prescriptions
de l’hygiène, etc.
A Gand, mitrons et apprentis sont d’accord pour se
plaindre de l’insalubrité des fournils, généralement in
stallés dans des caves sans jour, sans air, où ils doi
vent vivre et travailler dans une atmosphère surchauffée,
chargé de poussière, de farine et de cendres, pleine de
gaz délétères (2).
Dans son dépérissement, le métier a recours de plus
en plus à l’exploitation de la force humaine, qu’il peut
pratiquer sur une échelle bien plus grande que la fa
brique.
Parmi les industries où le travail du jour dépasse
11 heures (3), nous trouvons piesque tous les métiers :
(1) Vaxdervelde : L’exode rural s. c. p. 128.
(2) Commission Nationale de la Petite Bourgeoisie. Enquête orale,
v. nr, p. i 19.
(3) Industries dans lesquelles il y a plus de 50 entreprises ou divisions
d’entreprise où la journée dépasse 11 heures.