246 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
vail humain dans les métiers. Dans la forme où elle
a été faite, elle ne nous éclaire nullement sur la ques
tion.
Heureusement, nous possédons le Recensement indus
triel de 1896, qui comble en partie la lacune. Les con
clusions que nous en avons tirées montrent la lourde
responsabilité qu’on assume en favorisant artificielle
ment le développement du métier ou plutôt en arrêtant
sa décadence ! Cette responsabilité est d’autant plus
grave que les mesures prises en Belgique par l’Office
des Classes moyennes pour sauver le métier, ne pour
ront jamais arrêter la marche victorieuse de la fabri
que. J’essaierai de le prouver.
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On a souvent cru, et l’on croit encore aujourd’hui,
que le moteur électrique sera la force magique, qui
décentralisera l’industrie. « La facilité de transporter
et de diviser la force motrice par l’emploi de l’élec
tricité, dit le Rapport sur l’activité de la Section des
Classes Moyennes, a supprimé dans beaucoup de ré
gions, les obstacles qui s’opposent à la transformation
de l’outillage. Le rapport exprime l’esprit qu’avec
l’outillage moderne, le coût de production de l’arti
san se rapprochera sensiblement du prix des choses
produites en masse par la grande industrie ; que les
consommateurs donneront généralement la préférence à
l’artisan et « que cette partie de classes moyennes lut
tera avec avantage sur le terrain de la concurrence et
se maintiendra par ses propres moyens » (1).
(I) Royaume de Belgique. Ministère de l’Industrie et du Travail. Rap
port sur l’activité de la Section des Classes moyennes de 1899 à 1906
p. 99. 1909.