Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

250 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE 
tèle étant assez restreinte » (1). Un menuisier de Liè 
ge s’exprime de la même façon et estime que de 
nombreuses et importantes commandes sont indispensa 
bles pour que l’outillage soit avantageux (2). Pour pou 
voir employer une technique meilleure, il faut avant 
tout avoir un débouché étendu. L’artisan ne l’a pas. 
S’il réussissait à le conquérir et à augmenter sa pro 
duction, il ne ferait qu’aggraver la crise en privant 
d’autres artisans dé leur gagne-pain. 
A côté du mode de production qui fait passer le 
produit par toute une série de machines, il y en a 
d’autres où une même machine accomplit tout le tra 
vail, dans le tissage, la couture à la machine, par 
exemple. Quoiqu’ici les frais d’installation permettraient 
éventuellement à l’artisan de se procurer l’outillage 
moderne, la fabrique conserve toujours sur lui l’im 
mense avantage de pouvoir différencier le travail qua 
lifié et non qualifié. Ainsi, dans les tissages mécaniques, 
ce sont souvent des ouvrières qu’on emploie au métier 
et les hommes connaissant bien le travail, n’exercent 
que la surveillance, ce qui diminue naturellement les 
frais de production (3). 
Un second moyen de faire revivre le métier, c’est, 
d’après les défenseurs de la classe moyenne, le retour 
à l’industrie d’art. « Ce serait assurément, disait M. 
Cooremax, un magnifique résultat de la concurrence 
(1) Commission Nationale de la Petite Bourgeoisie, v. VIII, p. 303. 
(“2) Ib. Enquête écrite, v. 1, p 185. 
(3) lb. R. Wir.BRANDT : Elektrischer Antrieb mit Minimal-ArbeiBtag 
und Minderlohntariî in der Hausweberei (Jahrbüchér fiir Nationaloko- 
nomie und Statistik, 1904, p. 632).
	        
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