274 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
Clieratte, Oupeye, etc. de venir prendre à Liège pour
l’y rapporter ensuite basculé. Pendant ce temps, le
reeoupeur-platineur s’est rendu en ville avec les pla
tines achevées : il avait du les faire venir à l’état brut
de Herstal par messager. Nouveaux voyages de l’arme
chez l’entailleur, puis chez le faiseur à bois ; puis
intervient l’équipeur, qui emporte cette arme à domi
cile, lui fait subir un premier travail chez le systémeur
et le marcheur, la démonte ensuite, en fait porter les
différentes parties chez les diverses catégories de fi
nisseurs, les faits reprendre chez ceux-ci, ajuste le fusil
et le remet ensuite au fabricant » (1).
Tous ces inconvénients de transport sont encore
régulièrement aggravés par les distances. On comprend
les pertes de temps, les lenteurs, les courses, les
embarras divers qui sont la suite d'un semblable
régime. Et ces inconvénients sont particulièrement
sensibles en temps de presse et de forte demande.
Eu fabrique, au contraire, pas de retards, pas de
pertes inutiles ; l’objet fabriqué passe de main en
main dans une suite ininterrompue. La supériorité de
la fabrique vis-à-vis de l’industrie à domicile, même si
celle-ci pouvait arriver à une décomposition du travail
égale, est donc évidente. Mais, en général, l’artisan, en
devenant ouvrier à domicile, change peu ses méthodes
de travail. Dans les procès de production, où l’objet
passe par une seule machine, la différenciation des
ouvriers qualifiés et non qualifiés est impossible pour
l’industrie à domicile (voir l’exemple du tissage, p. 250).
il) Office du travail. Industries à domicile, v. I, p. 49.