Full text : L'évolution industrielle de la Belgique

288  ÉVOLUTION  INDUSTRIELLE  DE  LA  BELGIQUE

les  cloutiers  unissent  les  travaux  industriels  à  l’agriculture ­
  (1).  Les  tisserands  de  la  Flandre  font  la  moisson ­
  chez  les  grands  fermiers  des  environs  ;  ils  partent
pour  la  France  et  vont  grossir  les  rangs  de  ces  millions ­
  de  Franschmans  qui,  chaque  été,  désertent  les
Flandres  pour  faire  la  récolte  dans  les  plaines  fécondes ­
  de  la  Bauce  et  de  la  Brie.  L’hiver  venu,  le  tisserand ­
  se  retrouve  devant  son  métier  (2).
Chaque  maison  de  tisserand  de  lin  est  entourée  d’une
étendue  variable  de  terre.  Sur  ce  champ  qui  dépasse
rarement  en  superficie  un  demi  hectare  et  comprend
en  moyenne  un  quart  ou  un  tiers  d’hectare,  le  tisserand ­
  récolte  des  pommes  de  terre,  des  légumes,  un  peu
de  céréales,  enfin  tout  ce  qu’il  faut  pour  l’entretien  de
sa  famille.  Fréquemment  aussi,  dans  l’étable  qui  est
annexée  à  la  maison,  un  porc  est  engraissé  ;  on  élève
des  lapins,  une  chèvre,  des  poules.  Sans  le  produit  de
cette  petite  culture  et  de  l’élevage,  le  tisserand  aurait
de  la  peine  à  nouer  les  deux  bouts  (3).  Le  cordier  de
Hamme  se  double  aussi  quelquefois  d’un  petit  cultivateur ­
  (4).
Tout  en  reconnaissant  le  rôle  que  joue  la  possibilité
d’exercer  le  travail  industriel  en  même  temps  que
l’agriculture,  pour  le  maintien  de  l’industrie  à  domicile, ­
  nous  devons  nous  garder,  comme  on  l’a  fait  souvent, ­
  d’exagérer  son  importance.

(1)  Industrie  à  domicile,  v.  III,  p.  10.
(2)  Ib.  v  II,  p.  143-144.
(3)  Ib.  p.  469.
(4)  Ib.  v.  III,  p.  111.
            
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