LA CONCENTRATION INDUSTRIELLE
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tant moins que les progrès de la technique nécessitent
des installations de plus en plus coûteuses.
Le laminoir de Seraing avait coûté environ 100.000
francs lors de sa fondation; aujourd’hui, pour une ins
tallation pareille, des sommes atteignant dix millions
et plus sont nécessaires (1). En 1850, la machine à va
peur, activant les laminoirs de Cockerill, avait une
force motrice de 22 à 25 chevaux-vapeur ; en 1905?
une puissante machine réversible de 10.000 chevaux ac
tionnant un gros train finisseur y fut installée (2).
Un haut fourneau, au début du siècle, nécessitait à
peine une dépense de 100.000 francs ; en Amérique, les
frais d’installation sont montés à plus de 7 millions,
et sur le continent, la somme de trois millions par
fourneau est aussi dépassée (3).
Vers 1890, un représentant de Krupp disait qu’il
ne croyait pas qu’un établissement sidérurgique, pro
duisant 20 à 30.000 tonnes par an. pouvait lutter con
tre un autre, produisant 100 à 150.000 tonnes. 25 ans
plus tard, Carnegie déclarait indispensable le vingtuple
de 150.000 tonnes (4).
En Belgique, de 1851 à 1897, le nombre de hauts-
fourneaux a diminué de 46 à 36 ; pendant le même
laps de temps, la production a sextuplé. En d’autres
termes, la production moyenne par hautfourneau en
(1) Heymann : 1. c. p. 23.
(2) Société Cockerill, 1. c. p. 1 0.
(3) Heymann : 1. c. p. 14.
(4) Ib. p. 232, Note 1.