LA BELGIQUE INDUSTRIELLE
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sieurs martinets servant à parachever le travail. Un
martinet occupait trois ouvriers et façonnait 125.000
kilogr. de fer par an (1).
C’est aussi sur les bords de l’Ourthe et de la Ves-
dre que la nécessité de se rapprocher des cours d’eau,
afin d’y puiser gratuitement la force motrice, avait
groupé la plupart des fonderies du pays de Liège. Ces
usines alimentaient toutes les petites clouteries de la
région (2). Leur matériel était des plus simples ; un
marteau pour le dégrossissage du fer, un feu de forge
ou un four dormant pour le réchauffage des barres,
composaient, avec le train de fonderie qui en était
1 élément essentiel, tout l’outillage de l’usine. Elle n’oc
cupait ordinairement que 5 à 6 ouvriers, travaillant à
façon pour les marchands des environs de Liège (3).
Voilà ce qu’était l’industrie sidérurgique vers la fin
du XVfII e et le commencement de XIX e siècle.
L’exploitation de la houille ignorait aussi les gran
des entreprises, occupant des milliers de salariés. Elle
était organisée par des groupes de mineurs, constitués
en compagnies, dont les associés s’appelaient parchon-
niers, maîtres comparchonniers ou parchons (dans le
pays de Liège). Chaque sociétaire était tenu de verser
sa mise, de « fournir à la scédule » suivant l’expres
sion du temps.
Celle scédule était réglée par le compteur, élu de
(!) Thomassin 1: . c. p. 442.
(2) Ib. p. 439. “ Ces usines très anciennes dans ce département sont au
nombre de quatre ».
(3) J. Franquoy : 1. c. p. 372.